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Les participes sont des mots qui présentent une action ou un état comme une caractéristique de leur sujet ou de leur objet. On forme les participes en utilisant des suffixes particuliers. Il existe sept suffixes pour les participes : trois pour la forme active, ANT, INT, ONT et trois pour la forme passive, AT, IT, OT.

Participes à valeur d’adjectif

Un participe actif présente une action ou un état comme une description du sujet :

-ANT- pendant l’action – l’action n’est pas encore terminée leganta = tel qu’on est en train de lire
-INT- après l’action – l’action est déjà terminée leginta = tel qu’on a lu
-ONT- avant l’action – l’action n’a pas encore commencé legonta = tel qu’on lira plus tard
  • Viro, kiu ankoraŭ legas, estas leganta viro. - Un homme qui lit encore est un «homme lisant».
  • Viro, kiu antaŭe legis, estas leginta viro. - Un homme qui a lu avant est un homme «ayant lu».
  • Viro, kiu poste legos, estas legonta viro. - Un homme qui n’a pas encore lu est un homme «qui lira». (Il n’existe pas en français de forme au futur pour le participe).

Un participe passif présente une action ou un état comme une description de l’objet :

-AT- pendant l’action – l’action n’est pas encore terminée legata = tel que quelqu’un est en train de le lire
-IT- après l’action – l’action est déjà terminée legita = tel que quelqu’un l’a déjà lu
-OT- avant l’action – l’action n’a pas encore commencé legota = tel que quelqu’un le lira
  • Libro, kiun oni ankoraŭ legas, estas legata libro. - Un lire que l’on est en train de lire est un livre lu (dans le sens de «en train d’être lu». (En français, on ne fait pas la différence entre ce cas et le cas suivant : le livre «lu» peut désigner le livre que l’on est en train de lire ou le livre qu’on a terminé de lire)
  • Libro, kiun oni antaŭe legis, estas legita libro. - Un livre que l’on a lu avant est un livre lu. (En français, on ne fait pas la différence entre ce cas et le cas suivant : le livre «lu» peut désigner le livre que l’on est en train de lire ou le livre qu’on a terminé de lire)
  • Libro, kiun oni poste legos, estas legota libro. - Un livre qu’on lira plus tard. (En français, il n’existe pas de participe pour décrire une action future.)

Les participes passifs ne sont possibles que pour les verbes qui peuvent avoir un objet (verbes transitifs). Il n’est par exemple pas possible de dire okazata, car okazi ne peut jamais avoir d’objet. Tous les verbes avec le suffixe –IĜ sont intransitifs. Par conséquent, ...iĝata, ...iĝita et ...iĝota ne pourront jamais exister.

Les voyelles dans les suffixes des participes sont les mêmes que les voyelles des terminaisons verbales AS, IS et OS. Leurs significations sont très similaires, mais toutefois pas complètement semblables. -AS montre principalement que l’action est réalisée au temps présent, alors que -ANT et -AT montre une durée ou une répétition de l’action. IS montre que l’action a eu lieu avant le temps présent, alors que -INT et IT montrent que l’action a été complètement réalisée, éventuellement avant une autre action. OS montre un temps à venir, alors que ONT et OT montra un état avant le commencement de l’action, souvent avec une nuance indiquant qu’on a l’intention de faire l’action, qu’on prévoit de la faire ou qu’elle aura lieu bientôt :

  • Li skribas. - Il écrit.

    L’action d’écrire a lieu en ce moment ou habituellement.

  • Tiam li estis skribanta en sia ĉambro. - Il était alors en train d’écrire dans sa chambre.

    L’action d’écrire durait dans ce temps passé.

  • La letero estis skribata en la paŭzo. - La lettre était écrite pendant la pause.

    L’action d’écrire a duré pendant la pause.

  • Janjo havis en tiu nokto dormon maltrankvilan kaj interrompatan. - Jeannot a eu pendant cette nuit un sommeil agité et interrompu.

    Il y a eu des interruptions répétées du sommeil.

  • Li skribis. - Il écrivait. Il a écrit.

    L’action d’écrire a eu lieu avant maintenant.

  • Kiam li estis skribinta la leteron, li foriris. - Quand il eut écrit la lettre, il partit.

    Une fois que l’action d’écrire a été terminée, il est parti.

  • Li sendis la skribitan leteron al sia amiko. - Il a envoyé la lettre écrite à son ami.

    L’écriture de la lettre a eu lieu plus tôt que l’envoi.

  • La letero estis skribita en la paŭzo. - La lettre était écrite à la pause.

    L’écriture de la lettre n’a pas eu lieu avant la pause, mais à un moment pendant la pause, l’écriture a été terminée. La lettre a donc été prête pendant la pause.

  • Li skribos. - Il écrira.

    L’écriture aura lieu plus tard.

  • Li estis skribonta la leteron, sed devis subite foriri. - Il était sur le point d’écrire la lettre, mais il a dû partir subitement.

    L’écriture était dans son intention, mais elle n’a pas eu lieu.

  • Sur la tablo kuŝis aro de legotaj leteroj. - Sur la table, il y avait un tas de lettres à lire.

    Les lettres attendent d’être lues. Quelqu’un devrait les lire, mais ne l’a pas encore fait.

Note : Certains espérantophones essaient d’introduire des participes qui correspondent à la finale -US, UNT et UT : skribunta viro = «un homme qui écrirait», skributa letero = «une lettre qu’on écrirait». Mais ces participes ne font pas partie de l’espéranto officiel. Si on les utilise, on risque souvent de ne pas être compris. Cet usage peut être toléré uniquement dans un contexte de plaisanterie.

Participes à valeur d’adverbe

Un participe avec la finale –E montre une action complémentaire qui se rapporte au sujet de la phrase. Au lieu d’énoncer deux phrases, une pour chaque action, on combine les deux phrases en une seule :

  • Li legis sian libron kaj manĝis samtempe pomon.Manĝante pomon li legis sian libron. - Il lisait son livre et mangeait en même temps une pomme. → En mangeant une pomme, il lisait son livre.

    Le fait de manger la pomme a lieu en même temps que la lecture.

  • j Li faris sian taskon. Poste li iris hejmen.Farinte sian taskon li iris hejmen. - Il fit ses devoirs. Il alla ensuite à la maison. → Ayant fait ses devoirs, il alla à la maison.

    L’action de faire les devoirs est antérieure à l’action d’aller à la maison.

  • Li intencis skribi leteron. Tial li kolektis siajn skribilojn.Skribonte leteron li kolektis siajn skribilojn. - Il eut l’intention d’écrire une lettre. Alors il rassembla ses stylos. → Sur le point d’écrire une lettre, il rassembla ses stylos.

    L’écriture de la lettre est prévue, mais avant qu’elle commence, c’est le rassemblement des stylos qui a lieu.

  • Ili laboris. Samtempe la mastro rigardis ilin.Ili laboris rigardate de la mastro. - Il travaillait. En même temps, le maître l’observait. → Il travaillait, observé par le maître.

    L’action de travailler et l’action d’observer avaient lieu en même temps.

  • Mi tute ne atendis lin, sed li tamen venis al mi.Li venis al mi tute ne atendite. - Je ne l’attendais pas du tout, mais il est quand même venu vers moi. → Il est venu vers moi de façon tout à fait inattendue.

    Le fait d’attendre (qui n’a pas eu lieu) serait arrivé plus tôt que sa venue.

  • Oni preskaŭ kaptis lin, sed li forkuris.Kaptote, li forkuris. - On l’avait presque attrapé, mais il s’est enfui. → Sur le point d’être attrapé, il s’est enfui

    Quand il a pris la fuite, sa capture était dans un futur très proche.

Ces phrases complexes sont plus courantes dans la langue écrite. Elles présentent une relation complexe entre plusieurs choses dans une forme dense et un peu difficile. Dans la langue parlée, on exprime souvent ces choses avec plus de mots.

Dans ce type de phrase, le sens veut que le participe adverbial se rapporte au sujet du prédicat :

  • Farinte la taskon li iris hejmen. - Ayant fait ses devoirs, il alla à la maison.

    Il a fait ses devoirs.

  • Ili laboris rigardate. - Ils travaillaient en étant observés.

    Ils étaient observés.

Ne dites donc pas : Promenante sur la strato venis subite ideo al mi en la kapon. Le sujet du prédicat venis est ideo. Cette phrase signifierait donc que l’idée était en train de se promener dans la rue, ce qui n’est certainement pas le sens voulu. Il faut dire Promenante sur la strato mi subite ekhavis ideon en la kapon. ou Kiam mi promenis sur la strato, venis subite ideo al mi en la kapon.

Participes à valeur de substantif

Un participe actif avec la finale –O montre le sujet réel de l’action ou de l’état. Un participe passif avec la finale –O montre l’objet réel. La règle veut qu’un participe en –O désigne généralement une personne :

  • Esperanto: skribanto = skribanta persono, persono kiu skribasune personne qui écrit, en train d’écrire
  • skribinto = une personne qui a écrit
  • 1}skribonto = une personne qui va écrire
  • amato = une personne aimée, une personne qu’on aime
  • amito = une personne qui a été aimée
  • amoto = une personne qui sera aimée
  • Kiam Nikodemo batas Jozefon, tiam Nikodemo estas la batanto kaj Jozefo estas la batato. - Quand Nicodème bat Joseph, alors Nicodème est celui qui bat (la batanto) et Joseph est celui qui est battu (la batato).
  • La fuĝintoj kolektiĝis sur la kampo.La personoj, kiuj antaŭe fuĝis... - Les fugitifs se rassemblèrent dans le champ. {1} Ceux qui avaient fui…
  • La juĝotoj staris antaŭ la juĝisto.La personoj, kiujn oni intencis juĝi... - Ceux qu’on allait juger se tenaient devant le juge.

On ne doit pas ajouter de suffixe UL, car les participes en O indiquent déjà par eux-mêmes des personnes.

S’il est questions non pas de personnes mais de choses, on doit ajouter le suffixe  :skribitaĵo, legataĵo, plenumitaĵo, plaĉantaĵo. Mais quand -AĴ est utilisé, le suffixe du participe est souvent superflu. Il suffit normalement de dire skribaĵo, legaĵo, plenumaĵo, plaĉaĵo.

Parfois, un participe en AĴ avec la finale désigne cependant une chose impersonnelle qui remplit une fonction, en particulier en mathématiques, etc.

  • dividanto = diviseur (nombre qui divise)
  • dividato = dividende (nombre qui est divisé)

À partir d’un substantif qui désigne une personne, on doit normalement pouvoir créer un adjectif qui signifie «relatif à la personne». Ceci n’est pas possible pour les participes substantivés car les participes adjectivés ont d’autres significations :

  • novulonovula kurso = cours pour débutants
  • {1 = «cours qui commence quelque chose». On ne peut donc pas employer komencanta kurso dans le sens de «cours pour débutants», mais pour être correct on doit dire kurso por komencantoj (ou éventuellement porkomencanta kurso).

Note : Le mot Esperanto (ici en espéranto, avec une majuscule) était à l’origine un participe signifian «personne qui espère», puis il est devenu le nom de la langue et il n’est dès lors plus considéré comme un participe. On peut donc en tirer l’adjectif Esperanta = «relatif à l’espéranto». Le mot esperanto (en minuscule) est cependant encore un participe et signifie toujours «personne qui espère». En revanche, en français, on écrit toujours le nom de la langue tout en minuscule et avec un accent : espéranto.

Formes verbales composées

À l’aide de l’auxiliaire esti et de différents participes, on peut exprimer très exactement différentes nuances de mode, de temps, de durée, d’aspect, etc. Les formes verbales simples en AS, IS, OS, US et U sont généralement préférables, mais dans certains cas, quand on veut présenter une action de manière détaillée, on peut utiliser une forme composée. En principe, on peut combiner toutes les formes de esti (esti, estas, estis, estos, estu, estus) avec les 6 formes de participes. Cela donne en théorie 36 formes verbales composées possibles. Certaines de ces formes sont cependant pratiquement inutilisables car elles expriment des nuances trop particulières ou étranges. D’autres expriment des nuances qui sont certes utiles, mais pour lesquelles il existe souvent des formes plus adaptées. Voici quelques exemples :

  • Li estas leganta libron. - Il est en train de lire un livre.

    L’action de lire a lieu en ce moment même et dure un certain temps.

  • Li estis leganta libron. - Il était en train de lire un livre. Il lisait un livre.

    Sa lecture a eu lieu dans le passé et a duré un certain temps.

  • Li estos leganta libron. - Il sera en train de lire un livre.

    Sa lecture aura lieu dans le futur et durera un certain temps

  • Li estas leginta libron. - Il lisait un livre.

    Aa lecture est maintenant une chose passée.

  • Li estis leginta libron. - Il lisait un livre. Il était en train de lire un livre.

    Sa lecture d’un livre était alors déjà quelque chose du passé.

  • Li estos leginta libron. - Il aura lu un livre.

    Sa lecture d’un livre, dans le futur, sera alors une action qui aura eu lieu.

  • Li estus leginta libron, se... - Il serait en train de lire un livre si…

    Sa lecture d’un livre serait une chose terminée si…

  • Li estis legonta libron. - Il était sur le point de lire un livre.

    Il était alors prêt pour la lecture d’un livre.

  • Li volas esti legonta libron. - Il veut être sur le point de lire un livre.

    Il veut être prêt pour commencer bientôt la lecture d’un livre.

  • La libro estas legata. - Le livre est lu (en train d’être lu).

    La lecture du livre a lieu en ce moment.

  • La libro estos legata. - Le livre sera lu.

    La lecture du livre sera alors en cours.

  • La libro estus legata, se... - Le livre serait lu si…

    La lecture du lecture serait en cours si…

Les formes composées en -ANT sont très rarement nécessaires. Elles permettent de mettre en relief la durée de l’action. Les formes simples des verbes suffisent. On peut aussi employer (ĝuste) tiam pour mettre l’action sur la simultanéité. Les formes composées en -INT sont plus souvent nécessaires. Elles peuvent être utiles pour montrer qu’une action a eu lieu avant une autre. Cependant le contexte est souvent suffisant pour cela. Au besoin, des expressions avec jam, antaŭe, ĵus, post kiam ou antaŭ ol peuvent aider. Les formes composées en -ONT sont employées pour montri une action prochaine ou intentionnelle. baldaŭ également ainsi que divers verbes peuvent indiquer cela, souvent plus clairement.

Les formes composées en -IT sont un peu différentes des formes composées en -INT. Une forme composée en INT montre toujours une action qui a eu lieu avant une autre action. Une forme composée en –IT indique la réalisation d’une action ou une action qui a donné un résultat. La forme en -IT peut bien sûr montrer un moment dans le temps antérieur à un autre, mais très souvent ce n’est pas le cas :

  • Tiam li estis eltrovinta la veron. - Il avait alors découvert la vérité.

    La découverte de la vérité a forcément eu lieu avant le moment indiqué par tiam. Si l’on veut exprimer que l’action s’est alors pleinement déroulée, on doit utiliser une forme verbale simple : Tiam li eltrovis la veron.

  • Tiam la vero estis eltrovita. - La vérité avait alors été découverte.

    La découverte de la vérité avait été complètement faite à un moment avant le moment indiqué par tiam, selon le contexte. Une forme verbale simple pour une action au passif n’existe pas, mais on peut à la place utiliser une phrase avec le sujet oni : Tiam oni eltrovis la veron.

Cela peut parfois provoquer des contresens, que la forme en –IT montre une action qui a eu lieu plus tôt ou une action qui s’est pleinement réalisée. On doit alors s’aider d’expressions complémentaires qui indiquent clairement le temps. En pratique ces types d’explications sont cependant rarement nécessaires : Kiam via domo estis konstruata, mia domo estis jam longe konstruita. Antaŭe ni iradis en la lernejon kaj iom lernis, kaj poste ni estis konfirmitaj. Estis konfirmitaj estas posttempa kompare kun iradis kaj lernis.

Parfois, au lieu d’utiliser esti + un participe, on transforme directement le participe en verbe, de la même façon que quand on transforme un adjectif en verbe : estas legantalegantas, estis legontalegontis, estus legintalegintus, estas legatalegatas, estos legitalegitos etc.

Ces formes sont tout à fait logiques et régulières, mais, dans la pratique, elles sont malheureusement difficilement compréhensibles. Un mot tel que legintos contient probablement trops d’informations dans une forme compacte. Les formes composées normales avec esti sont plus adaptées en ces occasions rares quand on ne peut pas utiliser des formes verbales simples (legis, legos, etc.).

Sed kelkaj tiaj mallongigitaj formoj efektive praktike iom enuziĝis. Precipe INTUS-formoj estas popularaj. Simpla US-formo estas tute sentempa, sed multaj tamen sentas US-verbojn kiel nuntempajn, kaj uzas INTUS ĉiam, kiam temas pri pasinteco: {1} = {2} Oni povas pli simple diri: {3}

Les formes en –ATAS sont également assez courantes : Bezonatas novaj fortoj en nia organizo. = Estas bezonataj... Serĉatas nova redaktisto por la revuo. = Estas serĉata...

Passif

On peut transformer une phrase de la forme active en phrase à la forme passive. Le passif est presque une façon inversée de présenter une action. Quand on transforme une phrase à la forme passive, il y a trois changements :

  • L’objet devient sujet (et perd sa finale -N).
  • Le prédicat devient une forme verbale composée en esti + participe passif.
  • Le sujet actif disparaît ou devient un complément d’agent, introduit par de.

La knabino vidas la domon. - La fille voit la maison.

  • la domonla domo
  • vidasestas vidata
  • la knabinode la knabino

La domo estas vidata de la knabino. - La maison est vue par la fille.

Li batis sian hundon per bastono. - Il battait son chien avec un bâton.

  • sian hundonlia hundo
  • batisestis batata
  • li peut être omis

Lia hundo estis batata per bastono. - Son chien était battu avec un bâton.

On utilise le passif pour porter l’attention ailleurs que sur le sujet réel de l’action (l’agent). L’attention se porte alors sur l’ancien objet (le nouveau sujet). On utilise souvent un passif quand on parle d’une chose très générale, quand le sujet actif existe à peine.

Si, dans une phrase à la forme passive, on souhaite conserver le sujet d’origine, il faut utiliser la préposition de :Ĝi estis trovita de mia frato. = Mia frato trovis ĝin. La piano estas ludata de vera majstro. = Vera majstro ludas la pianon. La préposition de plusieurs significations, mais avec un participe passif, de montre normalement toujours l’agent. Cependant, s’il y a un risque de confusion, on peut utiliser fare de : Ĝi estis forprenita fare de mi. = Mi forprenis ĝin.

Si le sujet d’une phrase à la forme passive est une proposition subordonnée, un infinitif ou un adverbe de quantité (ou une particule adverbiale indiquant une quantité), Le participe passif doit avoir la finale –E : Oni interkonsentis, ke mi faru tion.Estis interkonsentite, ke mi faru tion. Oni ordonis al mi fari tion.Al mi estis ordonite fari tion. Oni atribuis multe (= multon) al tiu rakonto.Multe estis atribuite al tiu rakonto. Parfois, un verbe transitif apparaît dans une phrase sans objet. Si on met ce type de phrase à la forme passive, le résultat est une phrase passive sans sujet. Le participe doit également avoir la finale -E : Oni parolis pri tio.Pri tio estis parolate.

Passif – choix du participe

Le choix d’un participe à la vois passive dépend de ce que l’on veut exprimer. On doit choisir un participe en -AT si l’on s’intéresse à la durée de l’action ou la répétition de l’action. On doit choisir un participe en -IT si c’est l’accomplissement de l’action qui est le plus important. On doit choisir un participe en -OT s’il est question d’un état avant l’action.

AT
durée ou répétition
IT
accomplissement de l’action ou résultat
OT
état avant action

Quant on hésite entre -AT et -IT, on peut utiliser une expression pour tester quelle nuance est la plus adaptée :

Si est possible d’ajouter iom post iom post iom (peu à peu),plu kaj plu (de plus en plus) ou ree kaj ree (encore et encore) sans changer complètement le sens, alors c’est AT qui est le plus adapté, car iom post iom et plu kaj plu renforcent l’idée de durée, tandis que ree kaj ree renforce l’idée de répétition.

Si l’on peut ajouter definitive (définitivement) sans changer le sens, alors c’est IT qui est le plus adapté, car definitive accentue l’idée d’accomplissement ou de résultat.

  • Ŝi amis kaj estis [plu kaj plu] amata. - Elle aimait et était [de plus en plus] aimée.
  • Dum la teatraĵo estis [iom post iom] montrata, okazis strangaj aferoj en la salono. - Alors que la pièce était [peu à peu] jouée, des choses étranges eurent lieu dans la salle.
  • Tiu ĉi komercaĵo estas ĉiam volonte [ree kaj ree] aĉetata de mi. - Ce type de marchandise est volontiers [encore et encore] acheté par moi.
  • Mi sciigas, ke de nun la ŝuldoj de mia filo ne estos [ree kaj ree] pagataj de mi. - J’informe qu’à partir de maintenant les dettes de mon fils ne seront plus [encore et encore] payées par moi.
  • Estu trankvila, mia tuta ŝuldo estos [definitive] pagita al vi baldaŭ. - Soyez tranquille, toute ma dette vous sera [définitivement] payée bientôt.
  • Georgo Vaŝington estis [definitive] naskita la dudek duan de Februaro de la jaro mil sepcent tridek dua. - George Washington naquit [définitivement] le vingt-deux février 1732.

Certains verbes ont deux sens différents, et le choix d’un participe dépend de laquelle des deux définitions est visée. Un exemple classique est le verbe okupi, qui peut signifier soit «prendre occupé» soit «maintenir occupé». Dans le premier sens, l’action est normalement momentanée et donc c’est l’accomplissement de l’action qui est importante. Maintenir occupé s’inscrit dans la durée et c’est donc la durée qui est dans ce cas la plus importante. Après avoir occupé, c’est le fait de maintenir occupé qui suit. C’est pourquoi avec okupi on peut souvent utiliser au choix la forme en -AT ou la forme en -IT sans que cela fasse une grande différence : Mi estas tre okupata de mia laboro. = Mia laboro nun "tenas min" (plu kaj plu), ĉar ĝi antaŭe "prenis min". Mi estas tre okupita de mia laboro. = Mia laboro (definitive) "prenis min", kaj tial ĝi nun "tenas min". Un autre exemple est celui du verbe «kovri» Li kovris la plankon per tapiŝo.La planko estis kovrita (de li) per tapiŝo. Il s’agit ici du résultat de l’action « mettre à terre ». Tapiŝo kovris la plankon.La planko estis kovrata de tapiŝo. Ici il s’agit d’une action qui dure, «être sur le sol» (kuŝi sur planko). Le plus souvent, on utilise la forme en -IT avec les verbes comme okupi et kovri, mais on peut librement choisir en fonction de l’idée qu’on veut exprimer.

Parfois on préfère un participe en -AT, quand l’action est juste une possibilité qui ne va pas forcément se réaliser ou quand l’action est niée ou si le contexte enlève l’idée d’accomplissement : Ŝi estis nun en tia aĝo, ke ŝi devis esti konfirmata. Il s’agit uniquement du devoir de confirmation. On ne sait pas encore si la confirmation est une action qui s’est pleinement réalisée. Ili volas, ke tia aŭ alia ŝanĝo estu farata jam nun. On ne sait pas si les changements ont été accomplis ou pas. La unueco de Esperanto neniam estos rompata. Cela ne sera jamais rompu. Eĉ vulpo plej ruza fine estas kaptata. Il s’agit d’un principe toujours valable. L’idée de durée est plus importante que l’idée d’accomplissement de l’action. Mais il est également possible d’employer la forme en –IT dans ces phrases. Le choix est en fonction de la nuance qu’on souhaite exprimer.

Avec les actions répétées, on emploie normalement la forme en –AT, car s’intéresse au caractère répétitif de l’action, mais parfois on veut mettre l’accent sur l’accomplissement d’une seule occurrence de l’action et l’on emploie alors la forme en –IT. Si l’on montre le nombre précis de répétitions, l’idée d’accomplissement devient alors plus importante et on utilise alors la forme en –IT : Dum la milito tiu vilaĝo estis ofte prirabata kaj bruligata. Dum la milito tiu vilaĝo estis kvarfoje prirabita kaj bruligita.

Note : Certains espérantophones ne sont pas d’accord avec les principes exposés précédemment en ce qui concerne le choix entre AT et IT. Selon ces espérantophones, AT signifie «juste à ce moment-là» et IT signifie selon eux uniquement «avant ce moment-là». Ils emploient des phrases telles que Mi estis naskata en Januaro. La ŝlosilo estis perdata hieraŭ. Subite li estis trafata de kuglo. On nomme habituellement ce style «atismo» (ou aussi «tempismo»). Dans la langue courante en espéranto on utilise IT dans ce type de phrase et c’est pourquoi on emploie souvent l’expression «itismo» (ou encore «aspektismo»). Dans le Fundamento, il y a trois modèles de phrases qui déterminent une fois pour toutes la question du choix entre «itismo» et «atismo» : Georgo Vaŝington estis naskita la dudek duan de Februaro de la jaro mil sepcent tridek dua. Li sentis sin tiel malfeliĉa, ke li malbenis la tagon, en kiu li estis naskita. Mia onklo ne mortis per natura morto, sed li tamen ne mortigis sin mem kaj ankaŭ estis mortigita de neniu; unu tagon, promenante apud la reloj de fervojo, li falis sub la radojn de veturanta vagonaro kaj mortiĝis.

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